Je pense : à ce que je devrais faire maintenant et que je ne fais pas
(mis à jour samedi 13 juin 2009 à 17:39)

27/05/2007

27/05/07 - 21:39

Violence barbare sur un vol vers Bamako lors d'une expulsion

COMMUNIQURE RESF
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Contact sur ce dossier : Jean-Michel Delarbre 06 89 30 86 15 Richard
Moyon 06 12 17 63 81
27 mai 2007


Ci-dessous un texte rédigé par des passagers du vol AF 796 pour Bamako
du 26 mai. Pour s’être indigné des mauvais traitements infligés à un
Malien reconduit de force, plusieurs passagers ont été menacés, l’un
d’entre eux interpellé, placé en garde à vue et menacé de poursuites.
Pour finir le vol a été annulé tandis que l’expulsé était évacué en
ambulance, inconscient et langue pendante.
Ces pratiques d’une extrême violence sont inadmissibles. Mais il est
profondément encourageant de constater qu’elles ne sont pas admises et
que, régulièrement, des passagers se révoltent contre elles. Face à
cela, le précédent gouvernement, comme semble-t-il celui qui est en
train de se mettre en place, réagissent par la tentation de criminaliser
une réaction citoyenne
Bien entendu, le RESF assure Michel Dubois et les autres passagers du
vol AF 796 de son entière solidarité. Il exige qu’aucune poursuite ne
soit engagée contre lui ou contre tout autre passager.
Il demande instamment à Air France de prendre ses responsabilités envers
les passagers dont elle assure non seulement le transport mais aussi la
sécurité en condamnant avec la plus extrême fermeté ces violences.
Ce sont les forces de police qui, par leur brutalité, ont contraint les
passagers à intervenir pour les faire cesser devant l’inaction d’Air France

Le RESF attend des informations sur le sort du passager dont la
reconduite a été impossible. Quel est son état de santé ? Où est-il ?
Quel est le sort auquel il est promis ?

Ces affaires (rappel des précédents en fin de document) ne resteront pas
sans suites. Une défense coordonnée des victimes de la criminalisation
de la solidarité est mise en place.


TEMOIGNAGE DES PASSAGERS DU PARIS-BAMAKO DU 26 MAI 2007

Samedi 26 mai. Vol AF 796 pour Bamako.

Quelques minutes avant la fermeture des portes, des cris au dernier rang
de l'avion. Une reconduite à la frontière classique.

Deux personnes tentent de contenir un homme d'une quarantaine d'années
qui se débat violemment. On croit d'abord à une bagarre entre passagers.
Certains veulent les séparer mais en sont vite dissuadés par les
policiers qui se font alors connaître. S'ensuit une scène d'une grande
violence : l'un des policiers pratique un étranglement sur le passager,
l'autre lui assène de grands coups de poing dans le ventre. Ses
hurlements se transforment en plaintes rauques. Cette tentative de
maîtrise dure dix bonnes minutes, peut-être plus, et suscite
immédiatement chez les passagers un mouvement de protestation qui n'a
aucun effet sur les violences en cours.

L'un des passagers filme la scène avec son téléphone, ce qui énerve un
peu plus la responsable de l'opération, qui menace d'arrestation les
personnes les plus proches et photographie les protestataires.

Pour tenter de faire taire tout le monde, la policière explique que
l'homme n'est pas un simple sans papiers, mais un repris de justice,
soumis à la double peine. Cela semble à ses yeux justifier la méthode et
toute la violence exercée sur lui.

Sous les huées des passagers, l'homme finit par être immobilisé et
sanglé. Il perd connaissance, yeux révulsés, langue pendante, écume aux
lèvres. Un mouvement de panique gagne les policiers. Ils prennent alors
la décision de l'évacuer. Autour de nous, de nombreux passagers
imaginent que l'homme est mort, ce qui fait encore monter d'un cran
l'émotion. Des femmes pleurent, des gens convergent de tout l'appareil,
rajoutant à la confusion. C'est alors qu'une bonne dizaine d'agents de
la Police des Air et des Frontière, la PAF, fait irruption dans l'appareil.

Désigné par la responsable de l'opération, Michel Dubois, qui comme nous
tous avait pris part aux protestations, est débarqué pour auditions.
D'autres passagers, choqués par cette arrestation, sont à leur tour
menacés du même sort.

A bord, on nous demande vainement de nous rasseoir, de nous calmer mais
beaucoup exigent le retour de Michel Dubois. Un des policiers,
visiblement dépassé par la situation, nous propose alors un marché :
Michel pourrait réembarquer à condition que l'expulsé remonte lui aussi
à bord. La balle était donc dans notre camp, nous serions responsable du
retard de l'avion, et même de l'éventuelle annulation du vol. Michel
devenait clairement une monnaie d'échange

Cette proposition inacceptable est d'ailleurs tout de suite contredite
par un policier de la PAF qui annonce la garde à vue de Michel Dubois et
réitère ses menaces à l'égard des passagers qui campent sur leurs
positions.

Le commandant de bord finit par faire une annonce, dans laquelle il fait
état de "manoeuvres" d'un individu refusant d'être reconduit dans son
pays d'origine, et de manifestations d'une minorité de passagers pour
expliquer l'annulation du vol.

Nulle mention des violences dont nous avions été témoin, ni de l'état de
santé du passager pourtant aperçu dans une ambulance stationnée au pied
de l'appareil, toujours inconscient et sous assistance respiratoire.

Nous sommes nombreux, comme Michel Dubois, à être choqués par la
barbarie de la scène, par le traitement excessivement violent qui a été
infligé sous nos yeux à cet homme, fut-il repris de justice, (ce dont il
nous est d'ailleurs permis de douter, puisqu'afin de ne pas attirer
l'attention des autres voyageurs, les policiers avaient d'abord décidé
de le faire voyager sans le menotter).

Nombreux aussi à avoir la désagréable impression d'avoir été pris en
otage par les autorités et profondément choqués par l’attitude du
Commandant de bord d’Air France qui n’est pas intervenu pour faire
cesser ces violences les tolérant même au mépris de la sécurité des
passagers qu’il se soit d’assurer et en prenant la responsabilité de
faire annuler le vol empêchant du même coup des centaines de personnes
de faire le voyage pour lequel elles avaient acheté un billet.

Nous sommes enfin révoltés d'avoir été contraints de devenir complices
des policiers en obéissant aux différentes injonctions et menaces
proférées à notre encontre. Devions-nous laisser se dérouler sous nos
yeux des actes d'une telle brutalité ?

Pouvions-nous accepter l'arbitraire de l'arrestation de l'un d'entre
nous dont le seul tort avait été de s'indigner et de parler avec les
policiers pour tenter de faire cesser la violence ? Il y a là une
pénalisation de la solidarité qui nous semble inadmissible et
inquiétante quant à l'état de notre démocratie.

Nous ne sommes pas assez naïfs pour croire que cette scène est un cas
isolé, une bavure en somme. Nous savons qu'elle se reproduit quasi
quotidiennement, et nous tenons à manifester notre indignation en
relatant les faits le plus exactement possible.

Michel Dubois a été relâché quelques heures plus tard, mais on l’a
informé que des poursuites seraient engagées contre lui. Quant au
passager Malien, nous n'avons aucune nouvelle de lui, et son état de
santé ainsi que le sort qui lui sera réservé dans les prochains jours
nous inquiètent au plus haut point.

Des passagers du vol AF 796.

ANNEXE
Pour mémoire, les cas précédents de répression engagée contre des
militants du RESF ou des personnes ayant agi dans le cadre de ses actions.

* Michel Guérin jugé pour diffamation à l’encontre d’un préfet, sur
plainte du ministre de l’Intérieur de l’époque, M. Sarkozy après avoir
protesté dans un courrier contre l’expulsion du journaliste Elvis
Kouanga Kazeta. Le verdict est en délibéré.
* Florimond Guimard, instituteur de Marseille, accusé de violence en
réunion avec arme par destination pour avoir empêché, le 11 novembre
2006, l’expulsion d’un père algérien de 2 enfants à l’aéroport de
Marignane. En réalité, il s’est contenté de suivre avec sa voiture le
véhicule de police qui transportait l’expulsé. Il sera jugé le 22
octobre et risque 3 années de prison et 45 000 € d’amende.
* Kadidja, passagère du vol Paris-Bamako du 29 novembre 2006 a protesté
avec d’autres contre la présence à bord d’un reconduit qu’elle pensait
être Daïm, étudiant toulousain que ses camarades du RUSF et du RESF
étaient venu défendre à Roissy. Elle risque 5 années de prison et 18 000
€ d’amende pour entrave à la circulation d’un aéronef.
* Le 2 décembre 2006, François Auguste, vice-président de la Région
Rhône-Alpes, s’adressait aux passagers d’un vol Lyon-Paris pour tenter
d’empêcher l’expulsion d’une famille. Jeté à terre, molesté, placé en
garde-à-vue, il est accusé d’entrave à la circulation d’un aéronef. Il
sera jugé le 26 novembre à Lyon. Il risque 5 années de prison et 18 000
€ d’amende.
* Tout récemment, quatre militants du Collectif de solidarité avec les
Migrants et du RESF de Méru (Oise), par ailleurs militants FSU et CGT
(dont le responsable de l’UL de Méru) ont été mis en examen pour
diffamation envers le maire UMP de Méru pour avoir taxé de « délation »
la volonté affichée du Maire de dénoncer les prétendus 10% de mariages
blancs célébrés dans un quartier de la ville. Ils seront jugés le 29 mai
au TGI de Beauvais.



à bientôt,

MR
getmr@wanadoo.fr
27/05/2007
_______________________________________________
Resf.info@rezo.net - [www]




commentaires

28/05/07 - 01:20

C'est la (F)rance d'après depuis 2002...

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